Quartz 3.0

On m’a encore récemment demandé quelle était mon app iPhone favorite pour lire l’actualité. Et d’admettre que la plupart des apps y sont installées essentiellement pour les notifications, seul flux accessible en Chine: par exemple, les contenus des applications iOS le Monde New York Times sont bloquées en Chine.

J’ai récemment pris le coup de coeur des pure players qui spécialisent leur thématiques de manière claire (Slate, Eon Magazine, ou encore Good). Parmi mes préférés: Quartz ou qz.com. Le site prend le parti, et ce depuis ses débuts, de mettre en avant la plateforme mobile, et ce.. sans utiliser la moindre app, et opte pour une version responsive particulièrement travaillée.

Quartz opère sa deuxième refonte. Quartz explique que la refonte inclus l’ajout d’une homepage éditorialisée, et ce malgré que le site n’a jamais cru aux longues listes de contenus. Besoin d’audience supplémentaire? Possible. Le site souhaite convaincre ses lecteurs et les marques que la qualité et la rareté des contenus intrusifs iront de pair. Les annonceurs ne sont pas mis au placard, mais vont disposer d’espaces plus immersifs.

Une épure visuelle qui ferait plaisir à voir chez nos chers medias français.

Sous le header minimal et l’immense photo de une, quelques gros plans sur la section de la homepage intitulée « The Brief », qui prend le parti de presenter une nouvelle en 2 ou 3 phrases courtes, accompagnées de liens. L’équivalent de 3 a 4 tweets rassemblées.

The Brief. Notez que c'est la seule zone du site qui comporte la présence d'un annonceur.
The Brief. Notez que c’est la seule zone du site qui comporte la présence d’un annonceur.

Dans les articles, une navigation facile d’accès et réactive. Je vous ai capturé un exemple de parcours utilisateur dans la vidéo ci-dessous:

La version desktop du site est réussie meme si on ressent facilement que la refonte du site cible avant tout les mobiles.

Avec une seule colonne, le site démontre qu'aucun compromis a été pris pour mettre des batons dans les roues des utilisateurs. Seule obligation: scroller ou utiliser la navigation des menus.
Avec une seule colonne, le site démontre qu’aucun compromis a été pris pour mettre des batons dans les roues des utilisateurs. Seule obligation: scroller ou utiliser la navigation des menus.

Force est de constater que les choix de la simplification de la mise en page des sites d’information vont de l’avant. Avec de tels parti pris, je ne peux souhaiter que bonne continuation à Quartz!

Feltron 2013 Annual Report

Nicholas Felton passe la plupart de son temps à collecter les données, et à les exposer en camemberts. Il est l’auteur des Feltron Reports qui met en image et en chiffres l’activité de ses journées et met en évidences ses routines.

Pour son rapport 2013, il explique au New York Times comment il a pu utiliser tous les derniers outils pour se faciliter la vie dans l’enregistrement de ses données (Nike Fuelband, Fitbit, et ses applications maison Daytum et Reporter).

Quelques résultats de statistiques. Le document entier sera imprimé. Quelques exemples des plus originales visualisations dans la suite de ce post:

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Bonne visite et exploration.

Bloomberg View

Connu avant tout pour son flux d’actualités du milieu financier, Bloomberg se cherche différents moyens pour diversifier son offre de contenus. Le redesign du site Bloomberg view apporte une réponse aux lecteurs qui ne lisent que les contenus de la rubrique Opinion.

Conçue par le studio Schema, la homepage du site propose une interface en grille pour chacun des contenus d’articles. Le rendu est proche de celui d’une application iOS et a été conçu pour supporter les formats mobiles, en responsive. Entrecoupé d’un nombre restreint de formats publicitaires, la plupart des contenus sont agrémentés de photographies et d’un elegant portrait illustré du contributeur de l’article. Le résultat est à la hauteur et montre que la proche collaboration du studio avec l’équipe éditoriale porte toujours ses fruits.

Bloomberg View — Homepage.
Bloomberg View — Homepage.
Bloomberg View — Article page.
Bloomberg View — Article page.
Bloomberg View — Mobile view.
Bloomberg View — Mobile view.

Pour en savoir plus, suivez le studio Schema sur Twitter.

Redesign du site TIME

Un redesign réussi pour TIME, qui se tourne vers une interface responsive dépouillée et résolument mobile. La gestion des contenus de la Homepage est simple et sans multi-colonnage. Il fallait faire rester les 60 millions de visiteurs habitués à la précédente version. L’objectif est de poursuivre sur la lancée opérée en 2013, avec plus du double de lecteurs depuis un an et une audience mondiale qui nécessite des éditions sur plusieurs continents. Continuer la lecture de « Redesign du site TIME »

Peek Calendar, ou comment réinventer la métaphore du calendrier

Peek Calendar est le nom d’une nouvelle application iOS qui permet de visualiser son calendrier et organiser son temps. Des anciens de l’agence IDEO, Amid Moradganjeh et Patryk Zoltowski. Ses originalités sont du nombre très important du nombre de gestures disponibles ainsi que son ultra-minimalisme. Continuer la lecture de « Peek Calendar, ou comment réinventer la métaphore du calendrier »

Circa

Cela faisait un moment qu’aucune application sérieuse s’intéressait à améliorer notre manière de consommer l’information en ligne, en utilisant une app iPhone. L’idée maitresse :

« We can take a story and cut eighty percent of it. »

 

Circa est une application de curation d’info – avec un travail de synthèse entre les meilleures sources d’infos, realisée par une équipe éditoriale en interne.

Ses 3 objectifs:

  • Ne pas avoir à relire systématiquement la meme information, souvent rewritée d’un site de news, à l’autre. Réduire la surabondance d’information redondantes.
  • Présenter au lecteur un maximum d’enrichissements utiles au beau milieu du texte, en contexte. Confort et convivialité.
  • Consommer l’info dans un environnement difficile (transport urbains), avec une seule main. Pouvoir rester sur l’appli sans avoir besoin de gerer plusieurs apps simultanément via des liens, en utilisant le ‘gap time‘, ce moment ou vous attendez qui est tant convoité par les app de casual gaming ou Twitter.

Quelques nouveautés en terme d’interface utilisateur ont été ajoutées. En voici quatre qui me paraissent particulièrement bien conçues :

Scrolling ‘aimanté’

L’expérience de scrolling sur iOS oblige parfois à jongler avec 2 doigts ou à être rapide afin de l’interrompre. Ici, le système de pagination fonctionne par swipe (de manière à éviter le problème du scrolling incontrôlable).

Embed et contextualisation

En matière de présentation du contenu de l’info, chaque ‘article’ dispose de plusieurs styles, comme une carte au beau milieu d’un article, une citation, ou d’une photo. Ici , l’idée est de rendre l’information avec tous les enrichissements possibles. Le plus: Un systeme de ‘couverture’ pour chaque article, avec une photo et un résumé. Les sources d’informations, sont elle, savamment presentées car toujours en contexte de la page affichée.

 

Personnalisation ‘invisible’

Le solution de customisation est encore rudimentaire, mais l’idée ici est de s’eloigner du complexe Flipboard et de ses thématiques imposées. Ici, il s’agit de rapidement ‘follower’ un contenu pour générer ensuite une liste personnalisée. Circa ne se positionne ni en app de curation ni en app de flux automatiques. Elle fait les deux.

Partage d’un point de lecture

Le principe du partage sélectif. Ici, il est possible de partager une info entière ou une bribe d’information que l’on aura denichée au sein d’un article. C’est là encore un moyen supplémentaire de faire gagner du temps aux lecteurs.

Si on veut voir plus loin on peut s’interroger :

  • Est-ce que ce type de consommation d’information va modifier la manière de produire l’information (avec 60% de staff technique, 30% de redactionel) ?
  • Est-ce que le modele economique de la curation peut fonctionner (l’application est gratuite, mais imaginons qu’elle devienne payante) ?
  • Comment Flipboard, Instapaper, mais aussi Apple vont-ils réagir en regard de ces quelques innovations ergonomiques ?

Avec des investisseurs tout aussi passionnés d’ergonomie et d’interface utilisateur, comme Dave Morin (Path), on peut s’attendre a des évolutions de plus en plus intéressantes sur cette app. À suivre, donc !

Comptes Twitter : Matt Galligan @mg, @circa
Site officiel : About CircaAppstore 

Quelques liens:

 

Berger & Föhr

Berger & Föhr est un studio de design dans une petite ville du Colorado, Boulder. Leur pratique du design est caractérisée par le minimalisme et le modernisme. Ils sont remarqué depuis la dernière mise à jour de leur site.

Pour un des amis de l’équipe, Christopher du site Changethethought, ils ont « littéralement transformé » leur approche du design et leur positionnement est encore bien unique dans le paysage de la communication au Colorado.

 

 

Une de leur création les plus interessante est cette application iPhone sans bouton de fonctions, qui utilise uniquement les gestures pour gérer les operateurs, l’affichage du resultat, et l’affichage à zéro. 5 minutes suffisent pour s’y habituer.

Bullit Agency

L’agence Bullit est bien connue des fans de musique électronique. Leur dernière upgrade de site propose une experience de navigation interessante basée sur les touches du clavier (les flèches), en HTML5. On constate également le retour des mini-intros de site avec une vidéo. Les images dans la suite montrent également l’ambiance quasi noir et blanc du site.


La première interaction, permet de naviguer directement dans les contenus avec les flèches.


Les différents artistes sont disposés en grille.


Il est possible d’acceder à la fiche d’un artiste et de savoir où il joue.


L’interface permet d’entrer directement en contact avec les agents des artistes pour booker une nuit.


Le blog est moins ambitieux en terme de navigation mais reste cohérent visuellement avec le reste du site.


Interessante application de la cartographie Google maps, une des plus élégantes que j’ai pu voir !

Le site a été conçu par le developpeur Sylvain Tran, et le directeur artistique Dilshan Arukatti (dont je vous invite à voir le surprenant portfolio).

Sina Weibo 微博

Le Twitter-like de Sina en vogue s’appelle Weibo (微博, Weibo signifie microblogging en Chinois). Weibo est en passe de devenir le produit le plus important pour Sina, mais aussi pour la communauté de développeurs d’applications en Chine. Pour la première conférence de développeurs qui s’est tenu mardi dernier, plus de 2 000 personnes y ont assisté.

Nous avons pu avoir quelques chiffres et statistiques sur Sina Weibo :

Le 20 octobre 2010, soit 14 mois après le lancement de la beta fin aout 2009, Sina Weibo a atteint les 50 millions d’utilisateurs enregistrés, et plus de 25 million de ‘tweets’ publiés chaque jour. Cela fait en somme plus de 2 milliards de tweets qui sont déja diffusés par cette plateforme.

Depuis sont lancement en beta, Sina Weibo a franchi la barre du million d’utilisateurs en 66 jours. Diabolique ! Et 8 mois après, en avril 2010, la barre des 10 millions d’utilisateurs était franchie. 4 autres mois pour atteindre les 30 millions, et en moins de 2 mois, 20 million d’utilisateurs supplémentaires. Il se pourrait bien que Weibo devienne le produit internet qui connaisse la plus forte croissance en Chine.

Chaque seconde, 785 tweets sont postés, dont plus du tiers proviennent de mobiles (38%). Youku, une des plateforme vidéo partenaire, enregistre le visionnage de près d’un 1.3 million de vidéos. Depuis le lancement de la plateforme de développement pour des companies tierces, 800 applications sont désormais disponibles.

L’intêret de la plateforme est qu’elle tente de réinventer le genre, profitant des fonctionnalités et des besoins des utilisateurs chinois, friands en commentaires ‘riches’, tels que les commentaires vidéos, les sondages rapides et autres formats multimédia qui comportent tous des meta-data. On dépasse donc le simple cadre du tweet/retweet/reply/follow/message. L’originalité vient egalement a ce que l’application de microblogging est ouverte et peut etre utilisée de manière autonome, avec Xweibo.

Merci à @Tangos pour avoir trouvé ces chiffres et les avoir publiés. Vous pouvez me suivre sur Weibo.

Paroles de conflits

Depuis mars 2010, le journaliste reporter multimédia Raphaël Beaugrand sillonne l’Eurasie à vélo. Depuis son départ de Paris, il à été possible, en léger différé, de suivre ses péripéties sur webdocu.fr (anciennement linterview.fr) ainsi que sur la page Facebook Paroles de conflits.

Première rencontre

J’avais pu faire connaissance de Raphaël lors de ma collaboration pour le site internet du Point, en 2008. Nous anticipions l’arrivée d’un journalisme d’un genre nouveau, moins textuel et plus visuel. Il n’en fallait pas davantage pour que Raphaël manifeste son voeu d’aller sur le terrain. Il resta difficile d’organiser une rédaction internet dans ce sens, avec 10 journalistes web souvent bien plus appliqués à mettre du contenu facile à indexer sur les moteurs de recherche afin de maximiser l’audience du jeune site. Les occasions de mettre une vidéo auto-produite sur le site du Point.fr se faisaient donc plutôt rares, bien qu’elles aient toutes été couronnées de succès, avec des vidéos à forte visibilité. Raphaël n’en démord pas, sa patience et son insistance seront récompensées.

Son voeu fut donc exaucé un an plus tard, avec cette opportunité de créer son web-documentaire. Mais avec plus d’une centaine de témoignages de victimes de conflits armés ou idéologiques, l’équipe réalise qu’une grande quantité d’informations conviendrait mieux pour un format de documentaire vidéo plus classique. Le web-documentaire en prend un peu pour son grade, mais qu’importe : le plus important ici est de réaliser à quel point il est reste important de penser à plusieurs formats au lieu d’un seul.

J’ai pu partir à sa rencontre ce weekend à Xi’an, dans la province du Shaanxi. Morceaux choisis de notre rencontre.

L’après Hiroshima

Alors que son trajet arrive bientôt à son terme, viendra un long travail pour Raphaël, l’équipe de production FatCat Films (avec Pierre Zandrowicz et Antoine Cayrol) et Mediastroika (avec Grégory Dominé). Au programme de ces prochains mois : traduction et montage. Est prévu pour 2011 la sortie du site internet vidéo dédié, qui présentera cartes, photos et récits que nous vous présenterons ici.. Viendra aussi le temps de réfléchir à une possible distribution de contenus exclusif pour un média : Site d’information traditionnel, pur player, ou encore chaine de télévision… toutes les possibilités sont envisagées pour trouver le meilleur moyer de monétiser le documentaire. En attendant, le projet est co-financé par amis, fans ou autres journalistes… et par tous ceux et celles qui veulent soutenir le projet.

Pour en savoir plus :
➜ Paroles de Conflits : Galerie photos de l’étape à Xi’an (Flickr)
➜ Paroles de Conflits : Exemple de crowdfunding appliqué au journalisme (Owni)
➜ Paroles de Conflits : Le blog (Webdocu.fr)

Never Mind the Bullets

Imaginé et conçu par Steaw Webdesign, Never Mind the Bullets est un projet de rencontre de talents mobilisé pour promouvoir les capacités techniques de la nouvelle mouture d’Internet Explorer (9). Combinant le travail de l’illustrateur Kevin Hamon (Site, Twitter) avec les compétences de développement de François Le Pichon (Site, Twitter) et Jeremy Thomas (Site, Twitter).

L’histoire: Elle retrace l’aventure d’une forte personnalité au milieu du désert et d’un village en plein far-west… Une image non sans rappeler le monde impitoyable qui se déroule ces derniers mois entre les navigateurs internet, tous menacés d’une très lointaine mais probable extinction.

Le principe de fonctionnement : On navigue dans une bande dessinée animée, où chaque élément (bulle, personnage, effet) est disposé sur un niveau de profondeur différent, ce qui augmente l’effet du scrolling parallaxe.

Outre les aspects techniques, parfaitement maitrisés (et pas seulement pour Internet Explorer 9) de la gestion des Font-Face, SVG, CSS3, et contenu éditable.
Le module de création de bulles de BD interactive est juste magnifiquement réalisé, je vous invite à le tester sur Internet Explorer 6 sur un navigateur récent.

Bref, c’est à voir ici, sur le site Never Mind the Bullets.

Slate.fr v2

Ces dernières semaines ont été importantes pour ces medias que l’on appelle ‘pure-players’, non qu’ils recherchent à tout prix à ressembler aux medias plus traditionnels, mais qu’ils aient pu mobiliser des moyens comparables, tant sur le fond que sur la forme. Dans cette course contre la montre pour obtenir le scoop, l’arrière-garde que représente les web designers ont aussi leur role pour trouver de nouveaux modes d’accès à l’information.

Après un an d’existence, le nouveau magazine slate.fr assure un redesign efficace à partir de lundi 12 juillet. De nouvelles ambitions apparaissent pour ce pur-player un moins populaire que Rue89 (ou, plus récemment, de Mediapart), qui continue très certainement à se distinguer par la longueur agréable de ses articles ainsi que de son esprit analytique et moins caustique.

Réalisé par Upian, cette refonte s’articule de nombreux changements visuels et structurels. En voici l’avant-première.

Slate.fr — nouvelle version (Homepage)Slate.fr — nouvelle version (page article)

Ce qui faisait un des originalités du site slate.fr, à savoir la liste de liens verticale appelé « ici et ailleurs », s’appelle désormais « Lu, Vu & Entendu, et s’affiche à l’horizontale. Comme pour signifier que Slate.fr poursuit son évolution un format web-magazine, et s’éloigne de la logique de flux en temps réel. Un choix relativement risqué : les chiffres d’audience générés par ce type de contenu sont importants, mais il ne faut pas négliger l’économie d’énergie réalisée. Maintenir un desk requiert beaucoup de temps aux équipes en interne.

Les contenus générés par les utilisateurs ont vu davantage qu’un lifting, avec l’integration des commentaires dès la homepage. Comme pour marquer une nouvelle ambition pour le site, celle d’attirer de plus en plus de nouveaux lecteurs et participants. Avec, au même niveau hiérarchique, la présence d’une liste de récents blogposts, ainsi que de réactions de lecteurs.

Enfin, comme pour tenter de diversifier un peu plus les contenus, slate.fr se dote d’un affichage de galeries photo tout doit inspiré de Boston, avec une première application du format « Big Picture » à la française. Plus immersif encore, avec le choix d’afficher les photos sur un fond foncé. Autre nouveauté de contenu, l’arrivée d’une chaine Slate.tv, qui recense les dernières bonnes vidéos et met en valeur les futures productions vidéos maison.

Enfin, quelques fonctionnalités existantes ont pu être remaniées et mises en valeur, comme la possibilité de naviguer d’article à article, par grands sujet d’actualité (ex tags) mais aussi par ordre chronologique, la possibilité de se connecter à son réseau social favori pour pouvoir poster un commentaire.

En exclu pour le blog Gabyu, la page d’accueil et la page article (sur Flickr).

Le coup d’oeil dans le de ‘rétroviseur’ :

iPad et les créatifs

J’ai pu interroger quelques designers pour qu’ils me laissent leur impression sur l’iPad.

Vivid Savitri, directrice de la création chez Trigger Shanghai : « Pour nous, je pense que l’iPad nous donnera davantage d’opportunités d’étendre non seulement notre collection existante de jeux, mais aussi d’autres types d’expériences numériques : par exemple, sortir des comic animés en mode vis-à-vis est sur notre liste de priorités. » Elle nous précise les avantages intrinsèques de l’objet et ses utilisations possibles : « La dimension de l’iPad fait qu’elle sera utilisable pour jouer aux jeux de courses ou de vol. La prise en main y a l’air idéale pour ce genre d’usages. »

D’autres designers restent plus mesurés, et préfèrent attendre « quelques mois », pour découvrir les applications phares de l’iPad, comme Marc Seefelder, responsable du design et de l’innovation chez BizSphere à Shanghai. Sa passion pour la musique lui laisse déjà toutefois entrevoir « un nombre important de possibilités pour les Djs, grace aux applications de table de mixage », ou pour les amateurs de sons. l’iPad est « une sorte d’appareil de controle musical pour la maison, qui se branche sur la Hi-fi. »

Pour Christophe Bernard, webdesigner et illustrateur à Paris, la vrai revolution va d’abord venir des contraintes technologiques, « avec l’HTML 5 et css3, on va être obligé de penser encore plus en terme d’animation d’un produit. »

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Vivid nous rappelle enfin l’environnement concurrentiel dans lequel Apple se situe, et qui pourrait freiner sa vente au très large plublic ou peu habitué à la lecture longue sur écran : « Le Kindle d’Amazon est toujours aussi bon, et Apple serait en discussion avec Barnes & Noble pour fournir leur iBook Store (…) Mon seul souci c’est que l’iPad possède une surface vitrée et réflective, ce qui pourrait être assez ennuyeux pour une lecture en extérieur ou au soleil. » Inquiétude également ressentie par Christophe : « Je me demande bien quel est le confort de lecture quand même, parce que ce n’est pas un e-reader, et j’ai pas envie de lire maxi un livre pendant 1/4 d’heure avant d’essuyer mes larmes. »

à lire également :
Interview de Romain Landsberg, responsable du studio de Backelite, sur le métier de concepteur d’interfaces mobiles,
iPad Vs. Net/E-books : « Why the iPad Will Crush Netbooks and Ebook Readers »

iPad et les medias

ipad-interactive-design-site-picLe voilà donc, après un an de tergiversations, d’imagination de la part des designers produits, l’iPad, ce nouveau produit qui n’en est pas un puisqu’il se glisse savamment entre iPhone et MacBook air. iPad n’est pas tout à fait un netbook, déjà par son prix. Il en coutera 500$ pour en faire l’acquisition, autant dire que l’intégralité des patrons de presse et de medias vont pavoiser avec pendant 1 an sans paraitre trop out.

Florilège de réactions :
New York Times — « iPad un nouveau style d’informatique entre le smartphone et l’ordinateur portable »,
Owni — Apple iPad : analyse d’une déception logique »,
Steve Nagata, Mobile in Japan — « iPad in Japan: First Impressions of the new addition »,
J-C Féraud — « Le fol espoir de la presse vis à vis de l’iPad après 10 ans d’inertie m’agace. »

Mon post n’a pas vertu à décortiquer toutes les descriptions et fonctionnalités, mais à se concentrer sur celles qui concernent nos medias. Après l’excellente prestation du New York Times, qui a eu l’exclusivité pour préparer une application spécifique pour la tablette iPad, une course contre la montre va certainement s’engager entre les médias qui ont pris le parti de déployer leur contenus sur diverses plateformes. Car les medias attendaient beaucoup d’Apple.

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L’iPad, le support que les medias attendaient. La balle est maintenant dans le camp des médias. Que peut-on espérer des médias d’information qui ont déjà pris le ‘pari’ du digital ?

À court terme

Les medias ayant déjà pensé et conçu une application iPhone ont une longueur d’avance. En quoi ?

  • Ils ont déjà les ressources, les connaissances du support ‘touch’, qui permettent de maitriser et exploiter toutes les fonctionnalités ergonomiques de la tablette. Ayant fait sous-traiter, ou internaliser la production de leur application iPhone, ils connaissent déjà les outils et langages de programmation.
  • lls ont déjà commercialisé des applications payantes et ont habitué leur lecteurs à payer 0,79, 3, ou 5€ pour obtenir une information sous un support dédié. Le freemium, nouvelle tendance 2010 des acteurs de la presse en ligne, peut également se déployer sur les applications iPad.

Leur avance reste relativement faible. Car un simple resizing de leur application iPhone sera loin de garantir le succès et la popularité de leur application. Même à court terme, les utilisateurs précoces, ces early adopters, seront d’aucune pitié avec le journal, chaine de télévision ou radio qui commettra tel sacrilège. Même punition pour les sites web qui diffuseront une version RSS+ de leur flux d’information.

À court terme, la presse peut imaginer offrir un copier-coller de leur édition papier, avec un paiement a la carte, des formules d’abonnement. Je n’entre pas dans le débat de savoir si ce genre de commercialisation aura pour effet de « tuer le papier ». À court terme, cela ne suffira pas non plus. Il faudra offrir toute l’interactivité sur ces PDF premium, avec au moins, comme nous l’avons vu lors de la Keynote, de vidéos ‘inline’, des liens de page à page, etc. L’intéret d’utiliser des plateformes video qui pourront afficher ces vidéos sera crucial. Idem pour les sons et les elements dits multimédias. Les infographies Flash vont valser des bureaux d’infographies. La réalité est que peu de rédactions disposent d’un système d’information capable de créer ce genre de support. Ils devront donc repasser par une compétence journalistique, de manière à doper la contextualisation des articles, pour avoir un réel intérêt pour les lecteurs.

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À moyen terme

Si la promesse du freemium permet de générer suffisamment de budget de développement, les investissements de création de contenus exclusifs pourront se développer sur l’iPad, d’une manière ou d’une autre. Ce sera pour nous tous un nouveau territoire interactif à parcourir. Nouveau territoire de création pour les designers d’information, de contenus multimédias, nouveau territoire de consommation d’info.

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Photos, capture prises lors des live Engadget, Gizmodo et Gdgt

Data.gov.uk

data-gov-uk-site-picUn site consacré aux données et statistiques publiques est sorti il y a un an aux US, et c’est au tour du Royaume-Uni de sortir son site data.gov.uk, avec la partipation de Tim Berners-Lee, partisan d’une large ouverture des données et du web sémantique.

À l’heure où j’écris ces lignes, toute une partie du site est encore verrouillée, mais Ito Labs (l’équipe nous avait animé OpenStreetmap sur un an) a obtenu le sésame et nous fournit déjà de quoi saliver. À partir des données, quelques captures d’écrans montrent des applications visuelles, comme avec le nombre d’immatriculations de véhicules, par type (vélos inclus), par date.

data.gov.uk (vehicles)

data.gov.uk (vehicles in London greater area)

L’enjeu est de taille. Utiliser les données permet de se faire de nouveaux regards sur un lieu, une époque, une société.

Je reste en veille sur ce type de site, mais reste assez dubitatif. On se pose évidemment la question de l’utilité de ces sites, car depuis que data.gov est lancé, il n’y a pas eu l’explosion d’applications concrètes attendue.