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Eyetracking

Une étude Eye tracking sur l’E-Pub dans la presse online est sortie il y a deux jours, réalisée par Altics, montre ce que l’on savait déjà depuis un moment : les internautes ne fixent pas les publicités. Ce que montre cette étude, et qui nous intéresse au plus haut point, sont plutôt d’observer les sauts de lecture que peuvent faire les utilisateurs pendant 1 minute et 30 secondes sur les sites web de presse présentés dans l’étude, à savoir le Figaro, le Monde, Liberation, etc.

Quelques remarques qui s’appliquent pour lefigaro.fr, qui démontrent l’importance des compromis intrusivité/ergonomie :

le-figaro-eye-tracking Sur le site lefigaro.fr, la publicité 728×90 px en haut de page est moins vue que sur des sites qui la placent sous la navigation. Ce que l’étude omet de dire, c’est que l’ergonomie de la navigation s’en trouve renforcée, et que ce format est de toute façon en perte de vitesse chez les annonceurs et les régies. Le compromis de la placer en haut n’est pas finalement si mauvais que cela.

La colonne de droite (300 px de large) dont personne ne sait quoi faire regagne du terrain, grâce à une injection de contenus originaux et à un éditing strict et très rigoureux dans les gabarits du Flash actu (en haut de page), ou dans les relances de lectures visuelles. Même si le contenu, qui doit être écrit en corps plus étroit, et les visuels moins percutants que dans la colonne centrale, l’usager s’y sent à nouveau à l’aise d’y jeter un oeil, et devient moins sujet au banner blindness.

Pour les autres sites en général :

  • La mesure d’Eye-tracking s’arrête… au bout de 5-7 écrans. Sela pourrait signifier clairement que les utilisateurs ne descendent pas tous jusqu’en bas des pages, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer.. ?
  • Les petites images placée à gauche du contenu sont tout simplememt ‘zappées’. Pire encore, comme sur le site de Libération ou de Métro, elle fragmente déjà une lecture difficile car jamais ferrée sur une quelconque grille de lecture.
  • Les utilisateurs prennent le temps de lire les titres, et un peu moins pour les chapos. Cette format de texte sous un titre prend davantage de temps à lire. Comme les titres sont d’une longueur importante, les chapos deviennent moins essentiels pour comprendre l’information dans son contexte.

Reste que l’ensemble des écrans analysés présentent quasiment tous la même posture vis-à-vis des affichages publicitaires, ce qui démontre plusieurs points et pistes d’évolution possibles :

  • Les régies publicitaires ne parviennent pas à mettre en place des offres de ciblage sur les sites d’informations en ligne. Pourtant ce genre d’offre est très répandu sur les sites sociaux/communautaires tels que Facebook. Il est clair que l’identification obligatoire des utilisateurs sur les sites d’informations serait à court terme un frein à la consultation des sites d’infos, mais il serait temps que les médias en ligne s’en emparent, car ce sont ce que la plupart des lecteurs habitués d’un même site attendent aujourd’hui.
  • La mise en page des sites d’informations elles-même font naitre une dévalorisation du contenu, alors que ces contenus sont autant relus, corrigés, parfois par une personne dédiée à la rédaction. Il est né d’une opposition entre la rapidité de publication/de mise en ligne du contenu avec sa qualité et sa profondeur. Si la mise en page du contenu n’est pas revue et optimisée, les efforts mis en place par les rédactions seront toujours invisibles pour l’utilisateur.

Disclosure : j’ai collaboré dans le design et la mise en page du site du Figaro.fr de 2006 à 2008, d’où ma prise de position (qui n’engage que moi) spécifique pour ce site.

Le Figaro nouveau

le-nouveau-figaro-2009Fiigaro Figaro.. le voici donc, le dernier venu, après deux éditions zéros du weekend. Nombres de journalistes ont pu vendredi dernier apprécier les discours de présentation mettant en valeur le sens écologique du dernier support (waterless, format plus petit donc moins de papier, etc..).

L’idée essentielle du journal, c’est la complémentarité entre papier/web. La Une propose à quatre reprises de se connecter au site internet, à travers des contenus qui ne peuvent exister que sur le web (interviews video du talk, actualité en temps réel), tandis que l’analyse en profondeur, le commentaire détaillé, et le fond reste avant tout l’apanage du papier.

Comme souvent, un petit zoom sur les passages qui me plaisent sur la une :

Une grille de 6 colonnes environ dont une colonne à gauche réservée à la lecture rapide des titres de chaque rubrique. Ici, Le Figaro veut vous prouver que vous en aurez pour votre argent, même si au fond, l’information reste et restera hiérarchisée, et donc sélectionnée.

figaro-nouveau-2009-maquette-grille

Le retour d’une couleur proche de l’ancien « rouge Figaro » (vous vous souvenez, précédant le bleu européen de Nicolas Beytout), dans un choix typo qui reste fidèle aux égyptiennes.

figaro-nouveau-2009-rouge-figaro

Le logo change aussi. Peu de changements sur le logotype, fait d’une Rockwell redessinée. Le changement se situe surtout au niveau du F, avec un retour de la plume. Elle n’avait jamais complètement disparu, et plutôt que de le redessiner ou le moderniser, les équipes en interne en sont restés sur une plume avec sa forme classique, ce que je regrette un peu.

logo-figaro-full

Lorsque j’avais eu ce ‘F’ en main, en 2006, ma première réaction fut de la vider de ses excès, notamment son contour noir relativement épais, et de ce motif en fond constitué en fines rayures verticales, du temps où l’on disposait d’un journal avec des feuillets avec l’encre noire uniquement. Aujourd’hui, il apparait toujours sur le site, et fonctionne relativement bien. Mais sur le papier ? Un discret effet de transparence, et toujours ces rayures, alors que le journal s’affirme désormais avec des pages ‘toutes en couleurs’. Alors oui, j’avais un peu cédé aux joies des dégradés softs qui faisait fureur en 2006, à l’heure du web 2.0, mais tout de même, un peu de modernité n’aurait pas été de refus.

fleche

Réactions sur le web

Benoit Drouillat sur son site, parle d’une « nouvelle formule prudente ». La liste continuera à s’allonger au fur et à mesure.

Conversation avec un habitué du Figaro

Quelques morceaux choisis :
Quelles ont été vos premières réactions à chaud ?
• J’adore les citations en incises
• Les encadrés aussi en incises qui s’intègrent bien dans le texte,
• Je suis satisfait que la signature des journalistes reviennent en tete du papier
• Le journal « est tout en couleur et c’est la classe »,
• Les brèves font très épurés,
• Les photos sont parfois trop petites,
• « Niveau infographie, c’est très beau »,
• C’est clair, net et précis,
• On dirait un magazine plutot qu’un quotidien,
• Pour l’éditorial, ça ne change pas, c’est toujours très à droite.

Est ce que cette nouvelle formule est a ranger dans une recherche d’opportunité pour faire monter les ventes ou bien répondent-elles a un besoin du lecteur ? Ça répond a un besoin d’augmenter les ventes. Le figaro cherche par sa nouvelle identité graphique a faire oublier qu’il est de droite : il peut conquérir de nouveaux lecteurs, mais perdre les plus assidus. C’est une prise de risque dont on ne sait pas comment elle se matérialisera. Les premiers chiffres de vente vont etre intéressants.

Comment interpréter ce besoin de nouvelle maquette en interne ? Volonté de l’actionnaire, qui veut redynamiser, ni plus ni moins. C’est peut être le cadeau d’adieu de Mougeotte : La rumeur de son départ se fait de plus en plus insistante.

Entre Libé, et le Figaro, laquelle des maquettes a, selon vous, introduit les changements que la presse doit operer avec le web ? Le Figaro sans hésiter : Tout est décliné dans la maquette du Figaro, le journal s’est « webisé ».

Changements sur le site lefigaro.fr

Peu de changements de prévus, le logo lefigaro.fr reste inchangé sur le web, bien que plus petit, moins prétentieux. Quelques changements de structure sont prévus, et se concrétisent par un changement dans l’organisation et l’affichage des rubriques du site web, avec un système qui met fin au système de navigation par « pseudos-tags » et revient donc aux fondamentaux d’un header plus conventionnel.

figaro-header-2009

Un coup dans le rétroviseur sur les chartes graphiques des anciens header s’avère indispensable, avec, en prime la première version du header : vous avez dit … simplissime ?

lefigaro-2000

D’autres changements sont attendus au niveau fonctionnel avec un site d’info faisant un peu plus pour l’utilisation de son service social.

lefigaro.fr lance son reseau social cette semaine

Comme l’a fait, il y a quelques mois le site social du New York Times (voir notre test de Timespeople), lefigaro.fr le site disposera cette semaine d’un outil pour communiquer entre lecteurs du site (Source Bertrand Gié à la conférence de l’IDATE, via @Th. Teule et @nicolasvoisin et @Nicolas Gosset). Les maquettes ont du bien changer depuis, donc voici un aperçu très certainement périmé. Ci-dessous, un exemple de bloc concu pour afficher quelques informations sur le profil, avec un profil immaginaire, celui de Kevin Rose (à qui j’invite d’ailleurs à tester le service :)

le-figaro-new-social-network
Kevin Rose sur le réseau social de Facebook. Preview imaginaire d'une maquette beta.

L’outil tel que je l’avais dessiné devait utiliser les avantages fonctionnels de Digg, Facebook et Del.icio.us, sans pour autant entrer dans le jeu d’une concurrence directe avec ces outils déjà largement utilisés par les lecteurs. Il faut toutefois admettre que ces outils restent encore largement sous-utilisés par des milliers d’utilisateurs d’un site de presse. Qu’il faut séduire et convaincre, imaginez-vous bien, différemment que des utilisateurs de Skyblogs.

L’idée est simple : permette à chaque internaute de suivre l’activité d’un autre lecteur, lui envoyer un message, et suivre les débats dans les commentaires du site, tout en valorisant les commentaires considérés comme intéressant par les autres lecteurs. Le point d’entrée de l’usage de ce réseau est principalement donc : les commentaires. Un peu comme dans l’univers du blog, ou le commentateur indique son pseudo, email, trackbacks et uri de blog, afin de tisser un reseau social entre les blogs. En second viennent l’idée de créer un base unique d’utilisateurs du site, pour leur faciliter la navigation et leur proposer des services personnalisés, comme les newsletters.

J’avais pu suivre le début du lancement du projet, qui a nécessité 6 mois de travail.  On le sait, cet outil est complexe à mettre en oeuvre au quotidien car il génère beaucoup de contenus à modérer : pseudos, avatar, petites phrases.

Lorsque l’on voit comme Facebook ou le NY Times été rapidement addictif, on peut s’attendre à ce que l’experimentation en vaut largement la chandelle, qu’en pensez-vous ?

Les sites d'informations prets pour une intense nuit blanche

Newsroom du Sunday Telegraph
Newsroom du Sunday Telegraph

Ce qui va se dérouler aux États-Unis se répète tous les 4 ans, pourtant les moyens mis en place cette fois-ci sont considérables. Visuellement cela se voit de deux manières :

  • header relookés, sites remaquillées
  • bannières autopromo vers les dossiers spéciaux

Quelques capture des sites d’information pendant ces heures décisives aux États-Unis :

Voici les sites français où l’on sait qu’il y aura une rédaction « active » cette nuit du 4 novembre et ce matin du 5 :

  • Lefigaro.fr : « Toute la rédaction sera mobilisée pour vous faire suivre ce jour historique »
  • Lepoint.fr : « la soirée en vidéo, en version originale sous-titrée par nos soins. » D’ailleurs c’est là où je serai ce soir, de minuit à 13h, pour fournir du contenu graphique, s’assurer que tout fonctionnera au niveau des infographies…
  • Lemonde.fr : « Édition spéciale » : mais ne suis pas certain que des journalistes travailleront effectivement cette nuit…
  • Lexpress.fr : Edition spéciale « Dès 18heures »
  • leJdd.com : Dossier spécial mis à jour toute la nuit, via les US

En plus des vidéos, les sites se doteront d’articles régulièrement mis à jour, avec indication de la dernière actualité, classé par ordre anté-chronologique : c’est le principe du « Minute par Minute ». Très apprécié par les journalistes, qui n’ont pas toujours l’occasion de créer un nouvel article systématiquement.

Avec tous ces dispositifs, la presse sur le web laisse une grande ouverture aux contenus générés par les internautes eux memes.

Certes, les internautes peuvent contribuer et envoyer leurs commentaires et photos (l’une des toutes premières fois, sur lefigaro.fr, vu depuis longtemps sur lemonde.fr).
La masse de contenu est telle que Twitter, depuis quelques mois, s’est resolu a filter le contenu spécial des élections américaines sur une page spéciale — qui était déja bien saturée, lors des temps forts de la campagne, comme lors du débat televisé.


Capture d’écran du live twitting pendant le 2e débat télévisé.

Pour pallier à ce phénomène de surinformation, les twitters se regroupent en ‘digests thematiques‘, comme avec cette initiative française, Twitlife, qui sera reprise sur lePost.fr
Enfin, le fameux web en liens, pour assumer que le web regorge de tant de contenus qu’il serait impossible de les aggréger tous :

  • Linkrsoll du point.fr, spécialisée dans les liens vers les sites US
  • Linkrsoll ‘delicious’ du figaro.fr (qui se limite à 5/jour), generaliste

À ce soir pour la grande aventure ! Vous retrouverez des photos de l’évenement vu depuis les salles de presse sur Flickr.