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Slate.fr v2

Ces dernières semaines ont été importantes pour ces medias que l’on appelle ‘pure-players’, non qu’ils recherchent à tout prix à ressembler aux medias plus traditionnels, mais qu’ils aient pu mobiliser des moyens comparables, tant sur le fond que sur la forme. Dans cette course contre la montre pour obtenir le scoop, l’arrière-garde que représente les web designers ont aussi leur role pour trouver de nouveaux modes d’accès à l’information.

Après un an d’existence, le nouveau magazine slate.fr assure un redesign efficace à partir de lundi 12 juillet. De nouvelles ambitions apparaissent pour ce pur-player un moins populaire que Rue89 (ou, plus récemment, de Mediapart), qui continue très certainement à se distinguer par la longueur agréable de ses articles ainsi que de son esprit analytique et moins caustique.

Réalisé par Upian, cette refonte s’articule de nombreux changements visuels et structurels. En voici l’avant-première.

Slate.fr — nouvelle version (Homepage)Slate.fr — nouvelle version (page article)

Ce qui faisait un des originalités du site slate.fr, à savoir la liste de liens verticale appelé « ici et ailleurs », s’appelle désormais « Lu, Vu & Entendu, et s’affiche à l’horizontale. Comme pour signifier que Slate.fr poursuit son évolution un format web-magazine, et s’éloigne de la logique de flux en temps réel. Un choix relativement risqué : les chiffres d’audience générés par ce type de contenu sont importants, mais il ne faut pas négliger l’économie d’énergie réalisée. Maintenir un desk requiert beaucoup de temps aux équipes en interne.

Les contenus générés par les utilisateurs ont vu davantage qu’un lifting, avec l’integration des commentaires dès la homepage. Comme pour marquer une nouvelle ambition pour le site, celle d’attirer de plus en plus de nouveaux lecteurs et participants. Avec, au même niveau hiérarchique, la présence d’une liste de récents blogposts, ainsi que de réactions de lecteurs.

Enfin, comme pour tenter de diversifier un peu plus les contenus, slate.fr se dote d’un affichage de galeries photo tout doit inspiré de Boston, avec une première application du format « Big Picture » à la française. Plus immersif encore, avec le choix d’afficher les photos sur un fond foncé. Autre nouveauté de contenu, l’arrivée d’une chaine Slate.tv, qui recense les dernières bonnes vidéos et met en valeur les futures productions vidéos maison.

Enfin, quelques fonctionnalités existantes ont pu être remaniées et mises en valeur, comme la possibilité de naviguer d’article à article, par grands sujet d’actualité (ex tags) mais aussi par ordre chronologique, la possibilité de se connecter à son réseau social favori pour pouvoir poster un commentaire.

En exclu pour le blog Gabyu, la page d’accueil et la page article (sur Flickr).

Le coup d’oeil dans le de ‘rétroviseur’ :

Eyetracking

Une étude Eye tracking sur l’E-Pub dans la presse online est sortie il y a deux jours, réalisée par Altics, montre ce que l’on savait déjà depuis un moment : les internautes ne fixent pas les publicités. Ce que montre cette étude, et qui nous intéresse au plus haut point, sont plutôt d’observer les sauts de lecture que peuvent faire les utilisateurs pendant 1 minute et 30 secondes sur les sites web de presse présentés dans l’étude, à savoir le Figaro, le Monde, Liberation, etc.

Quelques remarques qui s’appliquent pour lefigaro.fr, qui démontrent l’importance des compromis intrusivité/ergonomie :

le-figaro-eye-tracking Sur le site lefigaro.fr, la publicité 728×90 px en haut de page est moins vue que sur des sites qui la placent sous la navigation. Ce que l’étude omet de dire, c’est que l’ergonomie de la navigation s’en trouve renforcée, et que ce format est de toute façon en perte de vitesse chez les annonceurs et les régies. Le compromis de la placer en haut n’est pas finalement si mauvais que cela.

La colonne de droite (300 px de large) dont personne ne sait quoi faire regagne du terrain, grâce à une injection de contenus originaux et à un éditing strict et très rigoureux dans les gabarits du Flash actu (en haut de page), ou dans les relances de lectures visuelles. Même si le contenu, qui doit être écrit en corps plus étroit, et les visuels moins percutants que dans la colonne centrale, l’usager s’y sent à nouveau à l’aise d’y jeter un oeil, et devient moins sujet au banner blindness.

Pour les autres sites en général :

  • La mesure d’Eye-tracking s’arrête… au bout de 5-7 écrans. Sela pourrait signifier clairement que les utilisateurs ne descendent pas tous jusqu’en bas des pages, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer.. ?
  • Les petites images placée à gauche du contenu sont tout simplememt ‘zappées’. Pire encore, comme sur le site de Libération ou de Métro, elle fragmente déjà une lecture difficile car jamais ferrée sur une quelconque grille de lecture.
  • Les utilisateurs prennent le temps de lire les titres, et un peu moins pour les chapos. Cette format de texte sous un titre prend davantage de temps à lire. Comme les titres sont d’une longueur importante, les chapos deviennent moins essentiels pour comprendre l’information dans son contexte.

Reste que l’ensemble des écrans analysés présentent quasiment tous la même posture vis-à-vis des affichages publicitaires, ce qui démontre plusieurs points et pistes d’évolution possibles :

  • Les régies publicitaires ne parviennent pas à mettre en place des offres de ciblage sur les sites d’informations en ligne. Pourtant ce genre d’offre est très répandu sur les sites sociaux/communautaires tels que Facebook. Il est clair que l’identification obligatoire des utilisateurs sur les sites d’informations serait à court terme un frein à la consultation des sites d’infos, mais il serait temps que les médias en ligne s’en emparent, car ce sont ce que la plupart des lecteurs habitués d’un même site attendent aujourd’hui.
  • La mise en page des sites d’informations elles-même font naitre une dévalorisation du contenu, alors que ces contenus sont autant relus, corrigés, parfois par une personne dédiée à la rédaction. Il est né d’une opposition entre la rapidité de publication/de mise en ligne du contenu avec sa qualité et sa profondeur. Si la mise en page du contenu n’est pas revue et optimisée, les efforts mis en place par les rédactions seront toujours invisibles pour l’utilisateur.

Disclosure : j’ai collaboré dans le design et la mise en page du site du Figaro.fr de 2006 à 2008, d’où ma prise de position (qui n’engage que moi) spécifique pour ce site.