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Quartz 3.0

On m’a encore récemment demandé quelle était mon app iPhone favorite pour lire l’actualité. Et d’admettre que la plupart des apps y sont installées essentiellement pour les notifications, seul flux accessible en Chine: par exemple, les contenus des applications iOS le Monde New York Times sont bloquées en Chine.

J’ai récemment pris le coup de coeur des pure players qui spécialisent leur thématiques de manière claire (Slate, Eon Magazine, ou encore Good). Parmi mes préférés: Quartz ou qz.com. Le site prend le parti, et ce depuis ses débuts, de mettre en avant la plateforme mobile, et ce.. sans utiliser la moindre app, et opte pour une version responsive particulièrement travaillée.

Quartz opère sa deuxième refonte. Quartz explique que la refonte inclus l’ajout d’une homepage éditorialisée, et ce malgré que le site n’a jamais cru aux longues listes de contenus. Besoin d’audience supplémentaire? Possible. Le site souhaite convaincre ses lecteurs et les marques que la qualité et la rareté des contenus intrusifs iront de pair. Les annonceurs ne sont pas mis au placard, mais vont disposer d’espaces plus immersifs.

Une épure visuelle qui ferait plaisir à voir chez nos chers medias français.

Sous le header minimal et l’immense photo de une, quelques gros plans sur la section de la homepage intitulée « The Brief », qui prend le parti de presenter une nouvelle en 2 ou 3 phrases courtes, accompagnées de liens. L’équivalent de 3 a 4 tweets rassemblées.

The Brief. Notez que c'est la seule zone du site qui comporte la présence d'un annonceur.
The Brief. Notez que c’est la seule zone du site qui comporte la présence d’un annonceur.

Dans les articles, une navigation facile d’accès et réactive. Je vous ai capturé un exemple de parcours utilisateur dans la vidéo ci-dessous:

La version desktop du site est réussie meme si on ressent facilement que la refonte du site cible avant tout les mobiles.

Avec une seule colonne, le site démontre qu'aucun compromis a été pris pour mettre des batons dans les roues des utilisateurs. Seule obligation: scroller ou utiliser la navigation des menus.
Avec une seule colonne, le site démontre qu’aucun compromis a été pris pour mettre des batons dans les roues des utilisateurs. Seule obligation: scroller ou utiliser la navigation des menus.

Force est de constater que les choix de la simplification de la mise en page des sites d’information vont de l’avant. Avec de tels parti pris, je ne peux souhaiter que bonne continuation à Quartz!

Los Angeles Times 2014 redesign

Une refonte efficace et complète pour le Los Angeles Times, LA Times pour les intimes. Elle a été réalisée par les talentueux designers de Code and Theory, qui n’en sont pas a leur premier coup d’essai.

Homepage du LA Times (2014).
Homepage du LA Times (2014).

Vous qui recherchez la colonne publicitaire, l’espace sponsorisé, vous risquez d’être décus. Tout ces espaces ont littéralement fondu dans le décor, et fait place devant l’intelligence d’une mise en page résolument simplifiée. Car au delà des nécessités de l’utilisateur moderne (responsive design), ainsi que celles qui rendent le site simplement élégant (une typographie particulièrement travaillée), le site a fait un gros efforts de nettoyage et de suppression de tout le superflu en terme de gestion, mais aussi d’affichage et de transition du contenu: le concept de page et sa problématique rupture (lors du chargement, mais pas seulement) disparaissent.

Le pitch est simple: Si le LA Times produit du contenu, l’utilisateur se l’approprie, et le parcoure comme s’il s’agissait du sien. Comme bon le lui semble.

Les videos, signées LA Times, qui fait sa promo:


La navigation par rubrique, qui s’affiche en toute circonstance, sans s’imposer. L’architecture d’information, par rubriques, est le reflet d’une organisation interne conçue pour produire du contenu. Chaque rédaction produit du contenu pour ‘sa’ rubrique. Le problème, c’est que pendant longtemps, les sites de presse ont trop misé sur ces onglets pour afficher d’autres type d’informations, plus commerciales. Plus que jamais, le lecteur a besoin de ce repère, mais le passage d’une rubrique à l’autre ne doit plus rompre l’experience de lecture.


Le chargement des photos en grand format, pour naviguer en mode visuel, pour les détesteurs de chapeaux d’articles.


Pour les twittos, des fonctions de partage qui vous mache le travail, tout en vous laissant le controle. Cela parait si simple… pourtant si éloigné de la plupart des comportements de boutons de partage.


Les galeries ont toujours été l’obsession des marketeux. Source de pages vues? Marketing enrichi? que nenni! Ici les images défilent intuitivement, comme si l’on parcourait ses propres photos sur sa tablette.


La bonne vieille liste d’articles en relation (comme vous en trouverez en bas de ce post) commence a sentir le moisi. Si un article vous plait, un clic sur l’onglet ‘related’ et, surprise…

Le modèle économique? un modèle qui se tourne vers le payant, avec une offre a environ 50 dollars US par an.

Bim.

Redesign du site TIME

Un redesign réussi pour TIME, qui se tourne vers une interface responsive dépouillée et résolument mobile. La gestion des contenus de la Homepage est simple et sans multi-colonnage. Il fallait faire rester les 60 millions de visiteurs habitués à la précédente version. L’objectif est de poursuivre sur la lancée opérée en 2013, avec plus du double de lecteurs depuis un an et une audience mondiale qui nécessite des éditions sur plusieurs continents. Continuer la lecture de Redesign du site TIME

Paroles de conflits

Depuis mars 2010, le journaliste reporter multimédia Raphaël Beaugrand sillonne l’Eurasie à vélo. Depuis son départ de Paris, il à été possible, en léger différé, de suivre ses péripéties sur webdocu.fr (anciennement linterview.fr) ainsi que sur la page Facebook Paroles de conflits.

Première rencontre

J’avais pu faire connaissance de Raphaël lors de ma collaboration pour le site internet du Point, en 2008. Nous anticipions l’arrivée d’un journalisme d’un genre nouveau, moins textuel et plus visuel. Il n’en fallait pas davantage pour que Raphaël manifeste son voeu d’aller sur le terrain. Il resta difficile d’organiser une rédaction internet dans ce sens, avec 10 journalistes web souvent bien plus appliqués à mettre du contenu facile à indexer sur les moteurs de recherche afin de maximiser l’audience du jeune site. Les occasions de mettre une vidéo auto-produite sur le site du Point.fr se faisaient donc plutôt rares, bien qu’elles aient toutes été couronnées de succès, avec des vidéos à forte visibilité. Raphaël n’en démord pas, sa patience et son insistance seront récompensées.

Son voeu fut donc exaucé un an plus tard, avec cette opportunité de créer son web-documentaire. Mais avec plus d’une centaine de témoignages de victimes de conflits armés ou idéologiques, l’équipe réalise qu’une grande quantité d’informations conviendrait mieux pour un format de documentaire vidéo plus classique. Le web-documentaire en prend un peu pour son grade, mais qu’importe : le plus important ici est de réaliser à quel point il est reste important de penser à plusieurs formats au lieu d’un seul.

J’ai pu partir à sa rencontre ce weekend à Xi’an, dans la province du Shaanxi. Morceaux choisis de notre rencontre.

L’après Hiroshima

Alors que son trajet arrive bientôt à son terme, viendra un long travail pour Raphaël, l’équipe de production FatCat Films (avec Pierre Zandrowicz et Antoine Cayrol) et Mediastroika (avec Grégory Dominé). Au programme de ces prochains mois : traduction et montage. Est prévu pour 2011 la sortie du site internet vidéo dédié, qui présentera cartes, photos et récits que nous vous présenterons ici.. Viendra aussi le temps de réfléchir à une possible distribution de contenus exclusif pour un média : Site d’information traditionnel, pur player, ou encore chaine de télévision… toutes les possibilités sont envisagées pour trouver le meilleur moyer de monétiser le documentaire. En attendant, le projet est co-financé par amis, fans ou autres journalistes… et par tous ceux et celles qui veulent soutenir le projet.

Pour en savoir plus :
➜ Paroles de Conflits : Galerie photos de l’étape à Xi’an (Flickr)
➜ Paroles de Conflits : Exemple de crowdfunding appliqué au journalisme (Owni)
➜ Paroles de Conflits : Le blog (Webdocu.fr)

Slate.fr v2

Ces dernières semaines ont été importantes pour ces medias que l’on appelle ‘pure-players’, non qu’ils recherchent à tout prix à ressembler aux medias plus traditionnels, mais qu’ils aient pu mobiliser des moyens comparables, tant sur le fond que sur la forme. Dans cette course contre la montre pour obtenir le scoop, l’arrière-garde que représente les web designers ont aussi leur role pour trouver de nouveaux modes d’accès à l’information.

Après un an d’existence, le nouveau magazine slate.fr assure un redesign efficace à partir de lundi 12 juillet. De nouvelles ambitions apparaissent pour ce pur-player un moins populaire que Rue89 (ou, plus récemment, de Mediapart), qui continue très certainement à se distinguer par la longueur agréable de ses articles ainsi que de son esprit analytique et moins caustique.

Réalisé par Upian, cette refonte s’articule de nombreux changements visuels et structurels. En voici l’avant-première.

Slate.fr — nouvelle version (Homepage)Slate.fr — nouvelle version (page article)

Ce qui faisait un des originalités du site slate.fr, à savoir la liste de liens verticale appelé « ici et ailleurs », s’appelle désormais « Lu, Vu & Entendu, et s’affiche à l’horizontale. Comme pour signifier que Slate.fr poursuit son évolution un format web-magazine, et s’éloigne de la logique de flux en temps réel. Un choix relativement risqué : les chiffres d’audience générés par ce type de contenu sont importants, mais il ne faut pas négliger l’économie d’énergie réalisée. Maintenir un desk requiert beaucoup de temps aux équipes en interne.

Les contenus générés par les utilisateurs ont vu davantage qu’un lifting, avec l’integration des commentaires dès la homepage. Comme pour marquer une nouvelle ambition pour le site, celle d’attirer de plus en plus de nouveaux lecteurs et participants. Avec, au même niveau hiérarchique, la présence d’une liste de récents blogposts, ainsi que de réactions de lecteurs.

Enfin, comme pour tenter de diversifier un peu plus les contenus, slate.fr se dote d’un affichage de galeries photo tout doit inspiré de Boston, avec une première application du format « Big Picture » à la française. Plus immersif encore, avec le choix d’afficher les photos sur un fond foncé. Autre nouveauté de contenu, l’arrivée d’une chaine Slate.tv, qui recense les dernières bonnes vidéos et met en valeur les futures productions vidéos maison.

Enfin, quelques fonctionnalités existantes ont pu être remaniées et mises en valeur, comme la possibilité de naviguer d’article à article, par grands sujet d’actualité (ex tags) mais aussi par ordre chronologique, la possibilité de se connecter à son réseau social favori pour pouvoir poster un commentaire.

En exclu pour le blog Gabyu, la page d’accueil et la page article (sur Flickr).

Le coup d’oeil dans le de ‘rétroviseur’ :

Arte Webdocs

Le site d’Arte Webdocs va, je l’espère, réussir son pari. L’enjeu ne concerne pas seulement Arte. Le principal enjeu : mieux intégrer et valoriser les web-documentaires sur les sites d’informations et ainsi générer une nouvelle et importante source d’audience sur ces sites. La direction artistique est réalisée par la webagency Upian (Sebastien Brothier), la réalisation de Thibaut Lion et la gestion du projet a été confiée à Marie Chevalier. Fidèle à l’aperçu à J-10, la capture du site prise ce matin.

Arte-Webdocs-20100223

En ligne également, le web-documentaire consacré à Havana et Miami. Ici, l’interface permettant de réagir et d’ajouter de contenus. Tout en couleurs et en contrastes !

arte-webdocs-interface-com

L’idée est ‘simple’ : il s’agit d’éditorialiser et d’organiser une base de documentaires multimedias (essentiellement vidéos) avec du texte enrichi, au travers d’articles rédigés par Arte. Le tout avec une mise en avant de sélections de vidéo, de classement et de commentaires via les plateformes sociales comme Twitter.

Les codes graphiques (par Karim Moreau et Eric Drier de Upian) reprennent un player vidéo géant (avec une large format pour le webdoc du moment), suivi d’un déroulé d’articles plus classiques. Il y a encore quelques petits détails qui me chiffonnent (petit jeu : parviendrez-vous à trouver l’annonce du webdoc « Gaza-Sderot » ?), mais dans l’ensemble je ne cacherai pas que c’est une belle réussite et que les gros écueils ont été évités.

Quelques particularités et mes ‘bons points’ au niveau des web-feuilletons :

  • Chaque web-documentaire dispose d’une élégante interface de consultation/navigation, afin d’offrir au lecteur une experience de consultation unique. Elle est un bon moyen de faciliter l’ajout de commentaires et de remettre le ‘lecteur’ au centre de l’expérience.
  • Chaque web-feuilleton dispose de sa propre url et un sous-domaine. Cela est necessaire quand on sait que les webdoc sont disponibles au format flash, un format pas idéal niveau SEO. Lorsque l’on connait l’état du débat sur le Flash/html5 à l’arrivée des tablettes Apple en France, on peut se dire que Flash a encore quelques beaux jours devant lui. Le fait qu’il sera possible de bidouiller le flash pour le transformer en application iPad empêche une profonde remise en question, pourtant nécessaire..
  • Vu la fréquence de mise à jour des productions (certaines sont des feuilletons s’étalant sur 3 mois), le flux RSS pour chaque webdoc est d’une réelle utilité. Imaginer d’autre méthodes d’alertes de mise à jour (email pour les plus gâteux) n’aurait pas été de trop.
  • La question du débit : Ce genre d’experience n’est possible qu’à partir de l’ADSL. Je fais la fine bouche, me direz-vous, mais c’est le genre de mention qu’on verra très certainement apparaitre je l’espère.
  • La question du modèle économique n’est visiblement pas un problème, et le choix de ne pas afficher de format publicitaire classique est un réel plaisir. Cela laisse supposer que si publicité il y aura, elle se trouvera ailleurs  (le webdocu sponsorisé par un annonceur?).

J’espère que vous irez vous faire une idée sur webdocs.arte.tv, et lire vos avis sur vos sites respectifs ou ci-dessous !

iPad et les medias

ipad-interactive-design-site-picLe voilà donc, après un an de tergiversations, d’imagination de la part des designers produits, l’iPad, ce nouveau produit qui n’en est pas un puisqu’il se glisse savamment entre iPhone et MacBook air. iPad n’est pas tout à fait un netbook, déjà par son prix. Il en coutera 500$ pour en faire l’acquisition, autant dire que l’intégralité des patrons de presse et de medias vont pavoiser avec pendant 1 an sans paraitre trop out.

Florilège de réactions :
New York Times — « iPad un nouveau style d’informatique entre le smartphone et l’ordinateur portable »,
Owni — Apple iPad : analyse d’une déception logique »,
Steve Nagata, Mobile in Japan — « iPad in Japan: First Impressions of the new addition »,
J-C Féraud — « Le fol espoir de la presse vis à vis de l’iPad après 10 ans d’inertie m’agace. »

Mon post n’a pas vertu à décortiquer toutes les descriptions et fonctionnalités, mais à se concentrer sur celles qui concernent nos medias. Après l’excellente prestation du New York Times, qui a eu l’exclusivité pour préparer une application spécifique pour la tablette iPad, une course contre la montre va certainement s’engager entre les médias qui ont pris le parti de déployer leur contenus sur diverses plateformes. Car les medias attendaient beaucoup d’Apple.

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L’iPad, le support que les medias attendaient. La balle est maintenant dans le camp des médias. Que peut-on espérer des médias d’information qui ont déjà pris le ‘pari’ du digital ?

À court terme

Les medias ayant déjà pensé et conçu une application iPhone ont une longueur d’avance. En quoi ?

  • Ils ont déjà les ressources, les connaissances du support ‘touch’, qui permettent de maitriser et exploiter toutes les fonctionnalités ergonomiques de la tablette. Ayant fait sous-traiter, ou internaliser la production de leur application iPhone, ils connaissent déjà les outils et langages de programmation.
  • lls ont déjà commercialisé des applications payantes et ont habitué leur lecteurs à payer 0,79, 3, ou 5€ pour obtenir une information sous un support dédié. Le freemium, nouvelle tendance 2010 des acteurs de la presse en ligne, peut également se déployer sur les applications iPad.

Leur avance reste relativement faible. Car un simple resizing de leur application iPhone sera loin de garantir le succès et la popularité de leur application. Même à court terme, les utilisateurs précoces, ces early adopters, seront d’aucune pitié avec le journal, chaine de télévision ou radio qui commettra tel sacrilège. Même punition pour les sites web qui diffuseront une version RSS+ de leur flux d’information.

À court terme, la presse peut imaginer offrir un copier-coller de leur édition papier, avec un paiement a la carte, des formules d’abonnement. Je n’entre pas dans le débat de savoir si ce genre de commercialisation aura pour effet de « tuer le papier ». À court terme, cela ne suffira pas non plus. Il faudra offrir toute l’interactivité sur ces PDF premium, avec au moins, comme nous l’avons vu lors de la Keynote, de vidéos ‘inline’, des liens de page à page, etc. L’intéret d’utiliser des plateformes video qui pourront afficher ces vidéos sera crucial. Idem pour les sons et les elements dits multimédias. Les infographies Flash vont valser des bureaux d’infographies. La réalité est que peu de rédactions disposent d’un système d’information capable de créer ce genre de support. Ils devront donc repasser par une compétence journalistique, de manière à doper la contextualisation des articles, pour avoir un réel intérêt pour les lecteurs.

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À moyen terme

Si la promesse du freemium permet de générer suffisamment de budget de développement, les investissements de création de contenus exclusifs pourront se développer sur l’iPad, d’une manière ou d’une autre. Ce sera pour nous tous un nouveau territoire interactif à parcourir. Nouveau territoire de création pour les designers d’information, de contenus multimédias, nouveau territoire de consommation d’info.

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Photos, capture prises lors des live Engadget, Gizmodo et Gdgt

Prédictions 2015

2015, donc. Un petit bond de 5 ans, 312 semaines sur un calendrier, et un bond de géant dans l’univers interactif (sans oublier la satané loi de Moore qui fiche généralement tout en l’air).

Prédire l’avenir, rien de plus divertisssant et de plus passionant. Tout le monde s’y colle, et il était temps. À l’après-guerre, on ne cessait de penser et d’imaginer l’avenir dans 10, 50 ans. Dans les annnées 70, on tentait d’anticiper l’an 2000, qui restera la plus grande utopie humanitaire du siècle dernier, car celle-ci n’avait pas su réveiller les consciences, de l’ampleur du désastre écologique que nous vivons aujourd’hui et vivrons demain. Après le brillant exercice d’Étienne Mineur et de Fred Cavazza, voici quelques unes de mes prédictions, centrées autour de Google, souvent foireuses d’ailleurs. Elles sont basées sur des observations du monde occidental. Ce qui pourrait se passer en Chine en 2015 fera l’objet d’un post moins amusant mais tout aussi nourri d’espoirs.

Google et les savoirs

L’acharnement médiatique contre Google s’est poursuivi, mais uniquement dans ces médias de ‘luxe’, imprimés comme des livres, avec un sublime dos carré-collé et des marques pages connectés. Les utilisateurs de 30-45 ans apprennent à contourner le diable Google : Cela devient presque un jeu, Google Zeitgeist fait désormais moins d’audience que Google Ersatz. Google tente, comme il peut, de profiter du buzz lancé contre lui.

Qu’importe pour Google, sa cible est ailleurs, c’est celle qui étudie à l’école, en classe, en fac. Celle qui a été nourrie dès le biberon par le savoir universel et l’éveil des connaissances. Après le mashup entre Google Books et Google News, Google installe ses serveurs dans les grandes universités américaines, européennes et asiatiques. Objectif : absorber le savoir, les échanges et les dernières thèses, à la source. Pour les publier en ligne directement sur un gigantesque intranet. En plus des notes accordées par leur professeurs, les élèves sont évalués en fonction de leur vivacité à organiser et synthétiser l’information qu’ils trouvent et republient. Les QI, QE sont balayés, le Google Index est lançé. Google aide les professeurs car ses nouveaux algorithmes sanctionne le plagiat plus rapidement que jamais. Tollé chez les professeurs, qui rapidement se résignent, tant ils y trouvent leur intérêt.

Ce qui révolutionne les médias sont tant dans leur consommation que leur fabrication. L’état continue à soutenir les jeunes médias qui ont pu investir, depuis fin 2009, sur leur infrastructure technique, et se dotent pour cela d’un système de gestion de contenus. Mais tout cela arrive trop tard. En 2011, Google rachète WordPress ainsi qu’Eidos, et développe un CMS pour les médias, qui leur permettent de créer le contenu sur des supports différents de manière totalement transparente. 3 supports principaux voient le jour : Basic (pour les navigateurs Web. le format blog s’y trouve également), Feel (gestion de l’expérience dans les informations visuelles, sonores et interactives), et Paper (qui regroupe tous les supports imprimés, magazine et journal). Au coeur du système, la fraicheur de l’information et son format y sont également gérées. Résultat, les messages Twitter et le papier d’opinion de 15 000 signes s’y cotoient sans complexes. Le CMS fournit également les outils adaptés de gestion de communauté. Les journalistes sont ravis. Fin 2014, le CMS devient accessible gratuitement, les ex-bloggeurs et développeurs s’emparent de l’outil pour l’améliorer et l’expurger de quelques mouchards.

La consommation des medias

L’ultra personnalisation, anticipée dans les années 2000, se démocratise. Elle est mobile, avec les tablettes et remplace le journal, plus rentable. L’Apple tablet lancée en 2010 en est déjà à sa quatrième version, et dispose enfin des fonctionnalités que les uber geeks rêvent : pliable (comme pour 50% du marché en 2015), interopérabilité avec les autres plateformes telle qu’Amazon et Microsoft marketplace (en 2013), et sont synchronisables sans fil. Leur autonomie dépasse enfin les 18 heures. On peut lire sans interruption sur un Paris-Shanghai. Les A380, déjà assez silencieux depuis l’arrivée du kérozène vert, le sont désormais totalement, les bruissements de pages se font rares.

Jeux vidéos en 3D

Depuis 2011, l’Imax 3D ne fait plus rêver et devient la norme. Même les plus grincheux y adhèrent, depuis que les films « Titanic » et « Autant en emporte le vent » ont étés adaptés. La connivence entre éditeurs de jeux vidéos et production de films est telle, que les sociétés de jeux finissent par racheter les studios de cinémas américains. Le résultat : Des salles de cinéma un peu spéciales voient le jour en 2014, où il est désormais possible d’aller voir un film dont la fin est à jouer dans la salle.

Et chez soi ? La télévision 3D est encore dans les cartons. Elle ne sortira qu’en 2016, et mettra moins de 2 ans pour devenir populaire. En attendant, on s’occupe avec des loisirs bien différents. iMovie débarque sur l’Apple 3DTV dès 2014, qui permet à toute la famille de s’amuser en montant, en collectif, ses films en temps réel. Carton aux US. Nintendo réagit avec une Wii qui permet de jouer en famille et avec ses animaux domestiques. Le buzz est monstrueux, « Chihuahua on Wii » est la recherche de l’année sur Youtube. Elle fait fureur au Japon mais ne perçe pas en Allemagne.

Et Mc Fly dans tout ça ? En 2015, il devient complètement ringard.

2015 - marty

Le combat de Libé

Est-ce que Libération va y arriver? Certains disent que c’est la “nouvelle formule” de la dernière chance.

Libé ne va pas fort, et une nouvelle fois, change de maquette. Une évolution en douceur. Un journal plus élégant. Trop? Arriverez-vous à lire “Évènement” ou “Monde” de loin, tellement la police est fine? On entend un peu de tout.

D’autres disent que la maquette change tellement souvent que cela devient difficile de s’identifier au journal. Les salariés de Libération sont désormais habitués aux nouvelles moutures. Elles se préparent, comme dans beaucoup de journaux, dans des officines externes, puis sont présentées en secret à des équipes très restreintes, et puis là patatras, souvent, cela ne fonctionne pas. Et on se retrouve au mois de juin, lorsque tout le monde commence à partir en vacances, alors on repousse à la rentrée, et cela tombe plutôt bien, parce que tant qu’à faire, il serait de bon ton que le web soit prêt, en même temps.

C’est un peu comme le dessert en même temps que l’Expresso. Souvent, c’est essentiel… Après avoir communiqué sur la culture du scoop, Libé fait donc une nouvelle offre à ses lecteurs. Un quotidien toiletté, un site web garni d’une couche payante, et un magazine de fin de semaine. Essayons d’y voir plus clair après tout le chahut de la semaine dernière.

1/9 — Libération modifie légèrement son ADN

Liberation modifie légèrement son ADN et se transforme, tant sur le web que sur le papier, avec toujours un petit retard pour le web — un grand classique désormais. L’élégante nouvelle maquette du quotidien Libération perd en lourdeur, et s’aère en lisibilité, bien qu’avec plus de texte. Car la ‘nouvelle formule’ – ou plutôt la nouvelle offre, comme la publicité le dit – exprime le souhait d’une adaptation du traitement de l’information, plus textuel, moins brut, de manière à fournir au journal une légitimité qui le différencie du contenu du site internet. J’aime dire qu’il devient un heptomadaire, tant son look de couverture ressemble à un magazine.

Le ton ‘magazine’ se retrouve aussi parfois dans son traitement graphique de l’information, grâce aux illustrations qui accompagnent les sujets qui sont traités en plusieurs feuillets. Exemple ici avec la double page illustrée.

double-page-illustree

Alors que, bien trop souvent, les équipes travaillant sur les maquettes ont plutôt tendance à chercher à « se cacher », et se terrer, recherchant l’indépendance et redoutant les critiques gratuites et souvent sans rapport avec les problématiques centrales, Libération s’est ouvert aux avis et conseils provenant de l’extérieur de la maison. Javier Errea and Antonio Martin, de l’agence de design de presse Innovation Media Consulting Group, ont mobilisé les équipes en interne pour réaliser la maquette. Il est possible de suivre via leur blog, des derniers préparatifs aux des dernières validations jusqu’aux dernières retouches pour l’édition weekend.

helping-design-team (Credit innovationsinnewspapers.com)

L’équipe a pour credo que les infographies pouvaient sauver un journal, mais sa démarche est allée encore plus loin : Elle a « tout simplement » exploité une des grandes forces d’internet pour le print, à savoir la possibilité de moduler la présentation en fonction des besoins éditoriaux, tout en permettant au lecteur de s’y retrouver.

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2/9 — La Modularité

Libération a modifié sa vision de l’actualité, en s’offrant plus de modularité sur sa Une, qui auparavant était essentiellement conçue pour n’afficher qu’un titre.

Or l’information a changé, à quelques exceptions près, impossible pour un lecteur curieux et ouvert que de rester focalisé sur un seul évènement. Et pour vendre, il vaut mieux proposer davantage de titres, histoire de présenter au plus grand nombre à quel point le journal est dense.

La solution hybride consiste désormais à s’offrir plus de gabarits, dont celui utilisé pour la sortie du lundi 7 septembre, consistant à un patchwork d’infos, et des photos horizontales difficile à recadrer. En voici quelques exemples ici

libe-maquette-article

3/9 — L’identité de Libération

La question de l’identité de la marque se pose à nouveau à nouveau. Chaque support offre un traitement différent de l’information, mais empêche-t-il une homogénéisation de la charte graphique print/web, afin de maximiser la perception de l’identité et l’image de Libération à travers ses supports ?

typographie

Deux exemples tout simples, celui des choix typographiques et de la palette des couleurs. Une Trade Gothic est désormais utilisée pour les titres du papier et devient une Georgia sur le web, à l’heure où les @font-face et autres méthodes d’affichages de polices sur le web deviennent répandus.

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Là encore, bien que les rubriques print et l’architecture d’information du site web soient totalement différentes, il n’en demeure pas moins possible de rendre l’ensemble plus cohérent. Avec pour conséquence, repérage par rubrique plus aisé. Le site reste globalement fidèle à lui même, avec un Affichage de type ‘blog’ listing. Peu de changement donc, le web parchemin fait son petit bonhomme de chemin.

4/9 — La question du payant?

Pour une fois, une évolution du contenu du site se fait sentir, il s’agit de proposer des services premium. Et Libération est également tombé dans cette mode 2009 de proposer un service payant, en suivant la stratégie qui sera mise en place incessamment sous peu par lefigaro.fr, et son réseau social. Tous les modèles économiques sont le bienvenus pour cette presse en crise. Cela peut fonctionner, si les medias traditionnels s’y mettent au même moment.

Voici Ludovic Blecher, responsable du site internet du journal, annoncer lors de la conférence de presse la grande nouveauté, la zone payante:

Nous reviendrons plus tard sur cette version payante à laquelle je me suis abonné (si, si!). Qu’offre-t-elle vraiment en plus, tiendra-elle ses promesses, évoluera-t-elle régulièrement et vite? Nous en reparlerons.

5/9 — Les unes expliquées par les journalistes

“A nouvelle formule, nouvelles unes. Et nouvelle forme pour 5 jours à la une, notre émission vidéo hebdomadaire consacrée à l’actualité vue à travers les manchettes de Libé.”

“Désormais enregistrée au coeur de la rédaction, donnant la parole à tous les journalistes concernés par les événements couverts durant la semaine, 5 jours à la une a pour objectif de vous faire partager les dessous de Libé, la façon dont la rédaction fait des choix, s’interroge, travaille.” C’est une très bonne idée :

6/9 — Libération, Le Mag

Pour le même prix, le samedi, on aura un magazine. Libération, Le Mag, est le nom de ce magazine dont le premier exemplaire est sorti ce samedi 12 septembre.

C’est Béatrice Vallaeys qui en a la charge. Voici le contenu du premier numéro:

7/9 — La conférence de presse

Une vidéo à venir, à suivre sur l’Observatoire des Médias.

Une sélection des twitts émis pendant cette conférence.

  • gillesbruno: Laurent Joffrin: « Ce n’est pas une nouvelle formule » http://bit.ly/newlibe0709
  • proxiti: RT @gillesbruno: Joffrin sur l’AFP: « l’AFP n’a rien fait sur Chatel au supermarché »
  • gillesbruno: Joffrin sur l’AFP: « l’AFP n’a rien fait sur Chatel au supermarché »
  • natachaqs: RT @gillesbruno:La future appli iPhone de Libé, qui arrivera en retard en octobre, offrira une offre spéciale pour les abonnés.
  • gillesbruno: La partie magazine sera agrafée, grâce à Riccobono http://twitpic.com/gaktq
  • eparody: @lblecher @latrive alors ça y est, c’est Tintin Objectif Lune? Tous mes voeux les garsgillesbruno: Joffrin : « le directeur du Figaro a des idées plutôt libérales » http://twitpic.com/gak6n
  • manolo0111: 2 offres payantes pour libe.fr : 6€ et 12 € ! Impatient de savoir ce qu’il y a dedans ?
  • gillesbruno: Selon Lusovic Blecher, Libé serait le premier à offrir une zone premium sur iPhone
  • gillesbruno: La future appli iPhone de Libé, qui arrivera en retard en octobre, offrira une offre spéciale pour les abonnés.
  • gillesbruno: Ludovic Blecher présente les deux offres payantes de Libe.fr : 6 ou 12 euros / mois http://twitpic.com/gaiu4
  • pierrehaski: C’est @lmauriac qui va être content! RT @gillesbruno: L’ancien Cahier Multimédia revient!! A la fin du journal.
  • gillesbruno: « Le Mag » : Libération lance un magazine le Samedi… avec une page Archives comme Le Monde 2.
  • gillesbruno: L’ancien Cahier Multimédia revient!! A la fin du journal.
  • gillesbruno: Joffrin ne veut pas uriliser le terme « nouvelle formule » #newlibe0709 http://twitpic.com/gahmr

8/9 — Les réactions sur le web

➜ L’analyse de Benoit Drouillat, designer d’interfaces, qui décrit la nouvelle formule de Libération comme étant “une forme mosaïquée”

➜ L’avis de Christian Aubry sur Médiaschroniques, La “refonte” de Libé : un rituel primitif sans intérêt

➜ L’info 01net, qui écrivait qu’« une application payante très innovante permettra d’accéder à d’autres services, dont on ne connaît pas encore la teneur ». Espérons que Libé ira dans le sens de l’ouverture des sources, de l’info multimédia, du temps réel et du remix. Si c’est le cas, je réviserai ma position en conséquence…

➜ Le parcours du montage des pages sur le chemin de fer virtuel, commenté en musique, par Peter Gabor : « Une captation video du nouveau journal électronique (pdf) de Libération on-line. Une ergonomie classique, où il manque certaines fonctionalités comme le zoom aussi bien sur les textes que sur les images… ». Avec une comparaison avec l’affichage du monde.fr.

➜ Les twits choisis :

9/9 — Laurent Joffrin invité des médias

➜ France Inter le 7 septembre – “Comme on nous parle” – Pascale Clark : Invité sur Inter le lundi du lancement. Pour arriver à “ce qui nous intéresse”, bougez le curseur jusqu’à la minute 7′41″.

➜ Sur le site de France Inter, “Mouchette” commente : “Laurent Joffrin est so lui-même. Tout en aphorismes inégalables. Un instrument du bonheur.”

➜ RFI le 11 septembre – “l’Atelier des Médias” – Philippe Couve :

@Enikao demande à Laurent Joffrin si les journalistes ne devraient pas répondre plus dans les commentaires des articles de liberation.fr… “On fait ca tout le temps. On répond à des interrogations d’internautes.”

Philippe Couve relance Laurent Joffrin et insiste : “les commentaires sont peu fréquentés par les journalistes” ce à quoi Joffrin répond: “Les journalistes n’ont que 24 heures. Il y en a un certain nombre qui ont des blogs, aussi. Sur un blog, on discute.”

Laurent Dupin pose une épineuse question sur le site de l’atelier des Médias, relayée par Philippe Couve : “Questions de logique et de stratégie : pourquoi s’opposer courageusement à la ‘presse low cost’ notamment sur le online… tout en y contribuant soi-même? Je parle des blogs de Libération (auxquels j’ai participé avec Serial Worker). Vous les dites ‘invités’ et donc gracieux (’parce que ça fait de la publicité et de la notoriété’). La belle affaire! Peut-on vivre de cela?” … et Joffrin de répondre : “Peut être un jour. Si on a besoin de pigistes, on les paye. Pour le moment, on a pas prévu de rémunérer les blogueurs.”

@StevenJambot demande à Laurent Joffrin si Libération est un journal de gauche: “Oui. […] On est une maison ouverte, cela va de Bayrou à Besancenot”.

Merci et à la semaine prochaine (avec le nouveau Figaro)

Un post roundup écrit à 4 mains, sur 2 fuseaux horaires et 3 CMS :
➜ Gabriel Jorby : @gabyugabyu.com, et
➜ Gilles Bruno : @gillesbrunoobservatoiredesmedias.com

M-À-J LePoint.fr

Nous y voilà donc, lepoint.fr se modernise et lance sa nouvelle version dès aujourd’hui. Sans vouloir être révolutionnaire, les principales avancées de cette version sont importantes car elles préfigurent l’orientation que prend le site en matière de traitement et de valorisation de l’information, à travers un éditing particulièrement exigeant.

Le site doit notamment exprimer toute la diversité des opinions des journalistes du web, tout en représentant les différents chroniqueurs et éditorialistes qui publient régulièrement sur le site.

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C’est le résultat de beaucoup de boulot en tests, écriture de documentation et intégration.

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Quelques nouveautés : L’identité du site, avec, entre autres, son nouveau logo que l’on retrouve dans la zone d’identification du header, sa nouvelle typographie basée sur la Verdana, Géorgia et quelques restes d’Arial, des graisses normal aux Black.

L’éditorial n’est pas en reste, qui a complètement revu son rubriquage et qui se mobilise pour accompagner chaque sujet d’une liste de liens internes, d’une sélection de phrases intéressantes ou intrigantes, et d’une disponibilité des titres sous 4 colonnes.

Quelques gros plans (à différentes échelles, du 100% au 1600%), de cette nouvelle version, dans la suite.

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Merci à toutes les équipes qui ont travaillé sur le projet, une sorte de commando opérationnel, appelé ‘Webrocks’, composé d’Emmanuel, Fréderic, Corine, Karim et Daniel !

À mes lecteurs adorés : n’hésitez pas à me signaler sur ce site tous les bugs que vous pourriez rencontrer sur le site :-) Les utilisateurs interne du Point utilisant Mac, il se pourrait que l’affichage sur IE6 soit truffée de petits soucis.

Made by E-Artsup

C’est aujourd’hui que la collaboration entre les étudiants d’e-artsup, leur professeur Peter Gabor, et Le Point est en ligne sur le site lepoint.fr — en plus des autres infos à trouver sur le blog de l’école et du blog Design et Typo.

Lepoint.fr s’est finalement preté au ‘jeu’. Après un passage des équipes en charge du site internet, au sein de la classe des élèves de graphisme de typographie et webdesign de la jeune école E-art Sup, les opérations hivernales ont été pilotés par Peter, dans un bouillon d’idées toujours plus jaillissantes, les unes après les autres, pour, dans un second temps, dévoiler les travaux, en laissant chaque étudiant donner libre cours à ses explications et ses interprétations.

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Maquette réalisée par l’équipe Doveil, chez e-art Sup.

Quelques particularités de cette experience :

  • L’élève s’exprime directement et sans intermédiaire, en direction du rédacteur en chef.
  • Le brief accordé aux élèves fut simple et ouvert.

Au final, au moins deux messages, simples et clairs :

  1. Réaligner, plutot que de refondre un site média. Réaligner quant à ses objectifs d’audience et de positionnement.
  2. Démontrer en interne comme en externe, que d’une recherche d’une ouverture permanente est benéfique comme source de débats.

La vidéo des cours à l’école, et les relations avec le site du Point.


Vidéo • Cours Web Typo

Les débats qui s’en sont suivi portaient sur le fond, mais aussi sur la forme : pourquoi confier ces travaux à des étudiants, et non à des professionnels ? Pourquoi avoir imaginé ce projet sans faire usage des règles coutumières du métier du design web, qui prévoient un appel d’offres, une sélection, une short-list ? Ce type d’interrogation sont tout a fait naturelles, à l’heure où nombre de designers (et pas seulement les freelances) souhaitent plus de transparence, plus d’équité et de respect dans les condition d’exercice des métiers du web et du graphisme.

La presse, en ligne ou papier, vit des heures follement intenses, ou chaque évenement ou avancée constitue une remise en question, qui balaie tout, ou presque, sur ce qu’on connaissait des usages de la veille, des méthodes de travail, et des mutations des métiers de journaliste et ‘d’infographiste’. Et dans cet environnement bouillonnant et instable, il fallait irrémédiablement garantir une proche collaboration avec des participants jeunes mais au fait et gestes de ces mutations. La encore, un focus group aurait pu étre monté ; mais difficile d’avoir une meilleure vision d’un concept, que lorsque l’on obtient un rendu précis et réfléchi, comme ceux qui se sont dévoilés à nous.

Lorsque l’on est freelance et que l’on collabore avec des medias presse, la notion de ‘relation client’ est très différente. Quel contraste, entre un brief venant d’un groupe hotelier tel que Accor (pour lequel j’ai collaboré entre 2002-2004) et un media de type presse magazine ou quotidienne. Un journal est une entreprise (avec son industrie, son service commercial, ses benéfices et son économie), mais force est de reconnaitre que l’objet sur lequel cette entreprise porte son attention n’est pas seulement un objet de lecture, mais un objet de pensée et de débats. Et c’est exactement ce que ces travaux ont permis de créer.